DISCOURS DE MADAME LE MAIRE DE LA COMMUNE URBAINE D’ANTANANARIVO A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU COLLOQUE SUR « LES FINANCES LOCALES DANS LES PAYS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE » Carlton, Antananarivo, Madagascar, 05 Octobre 2017

auteur 6 octobra 2017 Commentaires fermés
DISCOURS DE MADAME LE MAIRE DE LA COMMUNE URBAINE D’ANTANANARIVO A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU COLLOQUE SUR « LES FINANCES LOCALES DANS LES PAYS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE » Carlton, Antananarivo, Madagascar, 05 Octobre 2017

Son Excellence, Monsieur le Président de la République de Madagascar,

Monsieur l’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne,

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

Bonjour,

 

Tout d’abord, en tant que Maire de la Capitale, je souhaite la bienvenue à tous les participants, en particulier aux membres des délégations étrangères qui sont venus spécialement pour ce colloque et nous font ainsi l’honneur de leur présence.

 

Le thème de ce colloque« Les finances locales dans les pays d’Afrique Subsaharienne » me tient à cœur, car je suis persuadée que l’amélioration de la situation financière des collectivités territoriales décentralisées constitue l’une des meilleures solutions pour promouvoir le développement économique et social.

 

Il convient cependant de noter que la plupart des collectivités à Madagascar connaissent des problèmes liés à la limitation des moyens financiers et matériels et n’arrivent pas à faire des investissements pour répondre aux besoins réels et aux attentes légitimes de la population.

 

A titre d’exemple, la Commune Urbaine d’Antananarivo en dépit de son statut particulier en tant que Capitale de Madagascar n’a reçu aucune subvention de l’Etat depuis ma prise de fonction au mois d’octobre 2015, alors que ces subventions étaient  déjà inscrites dans les Lois de Finances 2015 et 2016.

 

Dans la majorité des communes d’Afrique, si  16% des recettes publiques vont directement aux communes ou collectivités décentralisées, à Madagascar, ce chiffre n’est que de 3%  tout au plus. La situation financière des communes de Madagascar est donc très en dessous de celle des autres communes d’Afrique.

 

En outre, on peut dire que les Communes à Madagascar ne disposent pas d’une autonomie financière. En effet, les ressources financières des collectivités sont déjà limitativement fixées par l’actuelle loi relative aux collectivités. Et même leurs taux et montants sont également déterminés par la loi des finances à l’insu des élus locaux.

 

Par ailleurs, les collectivités à Madagascar n’ont pas de pouvoir de création fiscale et ne peuvent pas recevoir de financements directs de leurs partenaires financiers étrangers et nationaux malgré l’aval de leurs organes délibérants.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Ce colloque revêt une importance particulière en ce sens qu’il permet à tous les participants d’échanger les expériences et les bonnes pratiques de différents pays en matière de finances locales.

 

Permettez-moi de saisir cette occasion pour partager quelques points avec vous.

 

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) établis par la communauté internationale ne pourraient être mis en œuvre sans l’implication et l’engagement de toutes les parties prenantes et c’est à juste titre que le dernier objectif, l’Objectif 17, concerne les Partenariats pour la réalisation des objectifs.

 

Des partenariats efficaces entre les gouvernements, les collectivités territoriales décentralisées, le secteur privé et la société civile sont nécessaires pour réaliser les programmes de développement durable.

 

Ces partenariats inclusifs, basés sur une vision commune et des objectifs communs de développement durable doivent guider nos actions au niveau local, national, régional et mondial.

 

C’est dans le cadre du partenariat que nous avons fait appel au Professeur James Robinson, expert économique international et professeur à l’Université de Chicago. Il a une vaste expérience de l’Afrique Subsaharienne et de l’Amérique latine. La ville d’Abuja, au Nigéria a connu beaucoup de succès grâce à ses conseils et sa stratégie en termes de recouvrement.

 

Le Professeur James Robinson est notre conseiller spécial en matière de finances locales et il reviendra bientôt pour faire le suivi de ce que nous avons mis en œuvre. Il assure également le renforcement des capacités de la Commune urbaine d’Antananarivo.

 

Toujours à propos de partenariat, permettez-moi  de rappeler ici la Déclaration de Montréal, publiée à l’issue de la réunion des maires et représentants des villes et agglomérations métropolitaines de tous les continents, réunis à Montréal du 19 au 22 juin 2017 dans le cadre du Douzième Congrès de Métropolis, l’association mondiale des grandes métropoles et de la trente-septième assemblée générale de l’association internationale des maires francophones (AIMF).

 

Ladite Déclaration …

 

« Affirme la volonté des [maires] à travailler en commun avec les institutions nationales et internationales,

Et

« Appelle les institutions nationales et internationales à reconnaître que les villes doivent disposer des pouvoirs et ressources à la hauteur de leur rôle et responsabilités. »

 

Par ailleurs, au cours des débats et du plaidoyer que nous avons présenté lors du congrès mondial de Métropolis et de l’assemblée générale de l’AIMF à Montréal au mois de juin de cette année, nous avons insisté sur l’importance d’avoir des partenaires stratégiques et les avantages de pouvoir approcher directement les banques pour financer les projets de développement par le biais d’emprunts.

 

En conclusion, il est crucial que le Gouvernement central et les gouvernements locaux collaborent étroitement pour une décentralisation effective, car la décentralisation budgétaire et l’autonomie financière des communes constituent l’une des meilleures solutions pour faire face à la limitation des moyens financiers et matériels évoqués précédemment.

 

Excellence Monsieur le Président de la République,

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

 

Je vous remercie de votre aimable attention.