Visiter Tàna

auteur 30 jolay 2014 Commentaires fermés
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Plusieurs Lieux méritent d’attirer l’attention des visiteurs et racontent l’histoire de la ville des milles (traduction libre du nom en malagasy d’Antananarivo).

Siège de l’Imerina, la région de Tana est située  sur les Hautes Terres Centrales à une altitude variant en moyenne de 1000 à 1500m.

Du fait de son altitude, le climat tropical est fortement tempéré. On distingue officiellement deux saisons climatiques :
• La saison sèche, de Mai à Septembre incluant l’hiver austral, voit la température varier de 10°C à 20°C et même approcher exceptionnellement 0°C en Juillet/Août.
• La Saison des pluies d’Octobre à Avril durant laquelle la température peut osciller de 20 à 32°C et même approcher 40°C. Les pluies peuvent être abondantes plutôt en fin de journée ou pendant la nuit. Le premier trimestre de l’année est souvent troublé par les cyclones.

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1. TOUR DE VILLE

1.1 – LA VILLE BASSE

La visite de la ville d’Antananarivo concerne généralement la visite des trois niveaux de la ville (la Ville Basse, la Ville Moyenne et la Ville Haute), la visite des points touristiques importants présents dans la Ville : musée (Andafiavaratra), les parcs (Parcs Botanique et Zoologique de Tsimbazaza), les marchés (marchés aux fleurs, les marchés artisanaux d’Andravoahangy, 67 Ha CENAM, COUM, Marché de la digue) et les boutiques.

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Plusieurs variantes sont possibles mais en 3 heures environ, vous pouvez avoir un bel aperçu de l’essentiel de la Ville. En voici en illustration un exemple typique d’un tour de la Ville classique :

Départ : Soarano, Avenue de l’Indépendance.

Vous êtes ici dans le centre virtuel de la Capitale, au point kilométrique 0, d’où le symbolisme d’un véritable point de départ pour aller à la découverte d’Antananarivo et de ses 2 millions d’habitants. La Ville basse est à une altitude moyenne de 1 200m. Quelques commentaires sur les quartiers que vous traversez :

- Soarano :
La gare fût construite de 1908 à 1910 par l’entrepreneur Cornebois sur un terrain de remblayage, à l’emplacement d’une fontaine (Soarano = la bonne eau)

- L’Avenue de l’Indépendance :
Date d’aménagement, historique : tracée en 1912, elle fut nommée à l’origine Avenue Fallières, a vu la construction des arcades en 1935 (Architecte de Cantalou), est devenue Avenue de la Libération en 1945 (après guerre) et finalement Avenue de l’Indépendance en 1960.

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- Les Pavillons d’Analakely :
Origine : du temps de RANAVALONA III, la petite forêt qui donna le nom d’Analakely (ala = forêt ; kely : petit), fut abattue pour laisser la place à des pavillons en bois.

- Le Tunnel d’Ambohidahy :
Situé au bout de l’Avenue du 26 Juin.
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- Le Parc d’Ambohijatovo :
Jardin aménagé par la Commune Urbaine. Le parc est ombragé par des vieux eucalyptus, jacarandas, filaos et tulipiers du Gabon.
Devant l’entrée en bas, se trouve la stèle du 29 mars 1947, érigée en 1987 à la mémoire des disparus de l’insurrection de 1947. Ce monument, avec les canons à côté, a remplacé la statue du Général Gallieni sur son cheval. En face, moins imposant, se trouve le monument  dédié aux martyrs chrétiens brûlés vifs à Faravohitra ou jetés du haut de Tsimihatsaka (28 mars 1847) ou exécutés à Ambohipotsy.
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- Les Stands des Bouquinistes :
Si vous êtes curieux, prenez le plaisir de vous faufiler dans les allées des stands es bouquinistes, dans le square voisin au parc d’Ambohijatovo. On y trouve des ouvrages anciens, des vieilles images sur Madagascar et beaucoup d’autres choses. Les boutiques sont fermées le Dimanche.

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1 .2 – LA VILLE MOYENNE

En quittant Ambohijatovo pour monter par Ambatonakanga, on accède au quartier administratif et commercial d’Antaninarenina (la terre nivelée), à mi-hauteur entre la ville basse et la haute ville.

- La Pergola d’Antaninarenina :

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Reçoit quotidiennement des amateurs et des accros du jeu malagasy, le Fanorona. On peut y remarquer aussi un monument au Prince Rabobalahy, fils du Roi Radama I et de la Princesse Rasilimo.

- La Rue des Bijoutiers :
Partant de la Pergola et se dirigeant vers le quartier administratif et commercial d’Antaninarenina, on peut ne pas remarquer la présence des bijouteries de part et d’autre de la rue Ratsimilaho. Les propriétaires sont  en général des Indo-pakistanais, appelés localement les Karanas. En majorité des musulmans, ces Indiens sont pour la plupart originaire de la région de Gujerat, au Nord de l’Inde, vers la frontière pakistanaise.

- Palais d’Ambohitsirohitra :
Ce Bâtiment de style rococo, œuvre de l’architecte Jully, fut construit de 1890 à 1892 sous Bompard, Président Général français qui a succédé à Le Myre de Vilers. En 1960, le pâlais devint l’ambassade de France. De 1976 à 1989, Ambohitsorohitra fut la résidence du Président RATSIRAKA avant de passer, après son déménagement à Iavoloha, aux mains de la Mairie. L’ancien maire de la capitale, Marc RAVALOMANANA, élu Président de la République, n’a pas déménagé et a installé les bureaux de la Présidence.

- Ambatonakanga :
Signification : au rocher des pintades. Le long de la rue passant par la mosquée, on peut remarquer les éléments de l’architecture créole. On peut mentionner par exemple, dans la rue Ramelina, un peu plus bas, le guétali, assemblage de briques alvéolées.

- Mosquée d’Ambatonakanga :
Profitons-en pour parler de religion. A Antananarivo, les  musulmans ne forment que 7% de la population, ce qui n’est pas le cas de la ville d’Antsiranana au Nord, où les musulmans font  40% de la population. Les nombreuses églises témoignent de la forte présence chrétienne à Antananarivo. Protestants, Catholiques, Adventistes et autres branches cohabitent bien.

- Carrefour d’Ambatonakanga :

Connu aussi comme les « quatre-chemins » (en réalité, il y a cinq). A ce carrefour, s’impose le Temple d’Ambatonakanga. Avant le Temple en pierre, une première, une première chapelle en bois fût bâtie. Durant la persécution, des chrétiens y furent emprisonnés. Au même emplacement le même temple commémoratif des martyrs fut réalisé entre 1863 et 1868, en pierre de taille. Cet édifice de style normand a nécessité la formation de tailleurs de pierres malgaches par les constructeurs SIBREE et CAMERON (1800-1875).

 1.3 – LA HAUTE VILLE :

Aux quatre chemins, lorsque nous continuons tout droit en allant vers le haut, nous nous acheminons vers les 1400 m de hauteur de la Ville. Quelques commentaires non exhaustifs sur les quartiers et points d’intérêts que vous traversez :

- Place Ratsimandrava :
Une  stèle à la mémoire du Chef d’Etat assassiné à cet endroit y est érigée. La stèle       comporte une photo du défunt et une plaque avec l’inscription suivante : « Pour la gloire de l’Etat : La ville d’Antananarivo laisse cette plaque pour se souvenir qu’ici est mort assassiné par l’ennemi de la révolution nationale le mardi 11 Février 1975 à 8h du soir le Colonel Richard RATSIMANDRAVA (1931-1975). Chef de l’Etat et Chef du gouvernement. Promu Général le 15 Juin 1975.

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- Le Temple de la Paroisse Protestante Francophone :
Si nous entrons dans la ruelle étroite en pavé, après le Poste de Police, nous passerons par le Temple protestant d’Avaratr’ Andohalo avant d’arriver au Temple de la Paroisse protestante francophone. A l’époque de l’édification du Temple, l’ancien édit royal interdisait toujours la construction en dur des demeures des vivants à l’intérieur de la ville. Le temple se trouve à l’extérieur, mais à proximité des fortifications de vieille ville. Il est un des premiers d’Antananarivo. La première construction date de 1864 et est l’œuvre des pasteurs RAINITRIMO et RANAKA. La  Tour de briques a été inaugurée en 1892. Sous l’administration française, Gallieni réquisitionna le bâtiment pour en faire la Poste en 1897. Une  autre église a été alors construite, l’actuelle église FJKM d’ Avaratr’ Andohalo. Lorsque le bâtiment retourna à sa vocation originale en 1903, il devint une paroisse internationale. L’orgue à 16 tuyaux du Temple d’ Anatirova, fabriqué à Londres, y a été transféré et s’y trouve toujours.

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- Andohalo :
La place d’Andohalo est la plus ancienne place publique d’Antananarivo. Elle est le palier intermédiaire entre la ville basse et la ville haute. Depuis ANDRIANJAKA (début 17ème siècle), elle est très fréquentée. Cette place fut fort longtemps le cœur de la ville et le vit le rassemblement des foules laborieuses pour les marchés, les kabary royaux et les sacres. Il y a diverses interprétations du nom : Andohalomasina : au saint vallon ; Andohalohasaha : tête vallée ; ou Andohalohatrano : là où coule la source. Un autre quartier, Andohalokely se confond avec le premier, et entre ces deux quartiers se trouvait la Vatomasina des souverains, sur laquelle ceux- ci montaient pour discourir, ou être sacrés.

Sur cette pierre sacrée, aujourd’hui disparue, les grands du royaume  de l’Imerina ont prononcé des « Kabary ». Entre autres, ce fut le lieu de :

•  la présentation par le roi ANDRIANAMPOINIMERINA de son prince héritier RADAMA I
•  l’intronisation de RANAVALONA I
•  le couronnement de RASOHERINA, de RANAVALONA II et de RANAVALONA III

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 - Le Lycée d’Andohalo :
Construit en 1909, il fut d’abord le collège CONDORCET (penseur français du 18ème siècle, siècle des Lumières), puis le Lycée G ALLIENI (pendant longtemps réservé aux garçons), pour être rebaptisé en malgache au nom du quartier : Andohalo. Pendant un certain temps, la noblesse et la bourgeoisie malgache d’Antananarivo, reprocheront au lycée, avec ses bâtiments imposants dominant la ville, d’être le symbole d’une politique de l’enseignement inspirée par les colons.

- La Première Rue de la Ville Haute :
Devant le Rova, la rue qui descend jusqu’à Andohalo est le premier tronçon de la première rue de la Ville haute. Elle fut réalisée en 1888 probablement par l’ingénieur BOOTS, et suivait la ligne de crête de la colline. Autrefois, les déplacements s’effectuaient à travers des sentiers escarpés et étroits, creusés très souvent par l’eau de pluies, à pied, à cheval ou en « filanjana ».

- Palais d’Andafiavaratra :
Littéralement traduit, le nom veut dire « en face nord ». C’était le palais du Premier Ministre du temps des dernières Reines. En fonction de l’orientation sacrée, les terres situées au nord du Rova furent réservées aux familles dignitaires. Le quartier d’Andafiavaratra est réservé depuis ANDRIANAMPOINIMERINA à la famille RAINIHARO. La reine RANAVALONA I y a fait construire un palais en bois. Celui- ci fut remplacé, en 1872, par l’actuel palais de pierre et de brique du premier Ministre RAINILAIARIVONY. Conçue par William POOL, l’architecture  de style baroque s’organise autour d’une vaste salle de réception, éclairée par un dôme vitré, et comporte quatre tourelles d’angle surmontées d’un campanile. Le bâtiment, longtemps officiel, a abrité tour à tour, une caserne coloniale, un tribunal, une école d’arts appliqués, la présidence et la mature.

Aujourd’hui, le Palais, ayant brulé en 1976 et restauré, abrite une exposition des objets sauvés de l’incendie du Palais de la reine en 1995.

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Ancien Palais de Justice, dont le nom signifie « à la pierre de RAFANDRANA », illustre famille Vazimba avant la conquête du roi ANDRIANJAKA. Ils sont donnés pour avoir vécu entre 1400 et 1500. A côté, se trouvait la pierre sacrée, qui a donné son nom à tout le quartier nord, entre le Rova et le palais du premier ministre. Sur cette pierre, des rois comme RALAMBO (XVIème siècle), ont prononcé des « kabary » et rendu la justice. En ces temps, c’était la justice des ordalies : l’épreuve du tanguin, poison que l’on faisait avaler à l’inculpé. L’innocent vomit tandis que le coupable n’arrive pas à le faire et en meurt. Edifié en 1881, par l‘architecte PARRET, l’ancien palais de justice fut commandé par RANAVALONA II. Elle voulait un tribunal où le peuple  a accès à la vérité, ou  tout intéresse peut écouter les  verdicts à l’abri du soleil et de la pluie. Constitué de 16 colonnes d’ordre ionique, le palais fut construit à l’emplacement d’un tombeau d’un conseiller d’ANDRIANAMPOINIMERINA, RAINIMAHAY . L’architecture est, presque sur la totalité, ouverte sur l’extérieur. Sur le frotton sud était hissé un drapeau pour avertir de l’ouverture des audiences. Un motif sculpté représente deux sagaies entrecroisées : une sagaie s’appelle «  tsy tia lainga » (qui n’aime pas le mensonge) et était détenue par les juges qui annonçaient les sentences.

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- Anatirova
Nom donné à l’ensemble de l’enceinte  royale fondé et fortifié par ANDRIANJAKA en 1610 qui le consolide de palissades .D’une surface à peine egale à la moitié de celle qui est actuellement la sienne, il va être agrandi par les souverains suivants et avant le malheureux incendie de 1995, on y trouvait :

• Le palais de Manjakamiadana (construction en bois -1839 par jean Laborde ; enveloppe en pierre – 1870 par James Cameron détruit par le feu le 06 Novembre 1995) en pleins travaux de construction.

• Tranovola (construction par RADAMA 1er pour sa femme Rasalimo ; démolie puis reconstruit par RANAVALONA  1ere en 1845 pour le prince Rakoto ; le rez de-chaussé servais à recevoir les ambassadeurs de l’extérieur, le premier étage école pour les princes, le deuxième étage conservation des objets douanier)

• La case Royale Mahintsielefanjaka (1800 par Andrianampoinimerina)

• Le palais Manampisoa (1865 par Rasoherina)

• La case Besakana (1610 par Andrianjaka reconstruit en 1800 sous Andriamamponimerina)

• Le Rova abrite aussi les tombeaux royaux. On y trouve les Fitomiandalana, sept tombeaux alignés, le tombeau des Rois, construit par Louis Gros en 1828, le tombeau des Reines, construit pour Rasoherina par Cameron en 1828. Les canons sont de l’usine de Laborde à Mantasoa. L’aigle au dessus de l’entrée symbolise l’armée et la souveraineté. il a  commandé à l’extérieur.

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Remarquons aussi le portail, construit par Cameron, en forme miniature d’Arc de Triomphe romain, avec les colonnes doriques.
Dans le plan de restauration, l’ensemble du Rova sera reconstruit, du moins en apparence, à l’identique.

- Point de Vue
En contrebas, au Sud Ouest du Rova, on a un point de vue panoramique sur la partie occidentale de la ville que se termine le grand rocher d’AMPAMARINANA ou TSIMIHATAKA (Littéralement : au rocher que l’on arrive pas à fractionner), qui doit son autre nom aux persécutions de chrétiens sous RANAVALONA 1ère ; les condamnés étaient précipités du haut de ce rocher
La vue au loin nous permet de dire qu’Antananarivo est vraiment ceinturée de rizières, et jadis, avant les constructions des digues’ l’eau étaient partout. Les pirogues étaient couramment utilisées et certaines collines gardent encore le nom d’Andakana (l’embarcadère) pour un de leurs quartiers. En promenant nos yeux, nous entr’apercevrons en bas-côté est Ambohijanahary, le quartier de Tsimbazaza (là où les enfants ne sont pas admis) et un petit bout de son lac, aménagé par RADAMA Ier. Ce lac participait à la fête du « tampimasoandro », fête qui clôture un deuil royal avec des sacrifices de vieux bœufs. Le parc botanique de a été inauguré en 1925, le parc zoologique en 1936. Le parc zoologique et botanique de Tsimbazaza témoigne d’une belle collection de la flore et de la faune malgache. Un musée paléontologique, un musée ethnographique et un vivarium en font partie intégrante.

- Ambohimitsimbina :
Quartier très ancien déjà habité par le Vazimba ANDRIAMARO-OMBY avant que le roi ANDRIANJAKA conquière Antananarivo. « Mitsimbina » veut dire en malgache « protéger » ou « rendre grâce ». Certains historiens disent que c’est la dernière courbe où les condamnés, en marche vers leur lieu d’exécution, pouvaient encore espérer la grâce de la Reine. D’autres disent que le nom vient d’une déformation de « Ambohimitsingina » ou « La colline perchée », laquelle étant le point le plus haut de la Ville. On y trouve les antennes-relais de la Télé Nationale, des radios et des téléphonies mobiles. L’église d’Ambohimitsimbina est constituée d’un corps très sobre en bois, et d’une tour excentrée, carrée en pierre, son architecture de bois montre qu’elles étaient situées à l’intérieur des fortifications, car les bâtiments en dur étaient interdits à cette époque pour les vivants.

- Ambohipotsy (La colline Blanche) :
Situé à l’extérieur des anciennes fortifications d’Analamanga, le quartier d’Ambohipotsy était déjà habité à l’arrivée du roi ANDRIANJAKA. Il fut déserté et resta longtemps inhabité pendant la monarchie. Le quartier tire son nom, soit de la terre blanche que l’on trouve exceptionnellement dans les environs, soit de la blancheur des ossements des martyrs condamnés et abandonnés aux chiens errants, en contre bas.

Le Temple commémoratif d’Ambohipotsy est à la mémoire de la martyre malgache, RASALAMA, de la Famille de la noblesse, qui y fut lapidée .De 1863 à 1868, les bâtisseurs britanniques POOL et SIBREE construisent le deuxième temple de pierre, commémoratif de cet événement. On trouve encore dans le temple des bancs qui datent de l’époque. La Reine RANAVALONA II fréquentait cette église avant la construction du Temple d’Anatirova.

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1.4 – LA VUE SUR L’EST :

- Le lac Mandroseza :
Réservoir en eau de la ville, la station de pompage de la JIRAMA s’y trouve. Date historique : le 04 Octobre 1926, le premier hydravion réalisant la première liaison France – Madagascar s’y est posé. Anecdote : le départ était difficile qu’il fallait alléger l’avion au maximum et transporter tout au lac Itasy où il allait le récupérer ensuite.

- Ambohipo :
Lieu de promenade d’Andrianampoinimerina et de pâturage des bœufs « Volavita »

- L’Observatoire d’Ambohidempona :
Date de 1889 ; c’est le premier observatoire français de l’hémisphère austral. En Septembre 1895, lorsque le corps expéditionnaire français marchait sur Antananarivo, le Premier Ministre ordonna la destruction d’Ambohidempona pour que le bâtiment ne serve pas de point d’appui pour le bombardement du Palais. Les deux secrétaires malgaches ont eu soin de démonter les instruments les plus précieux et de les mettre à l’abri au Collège de la colline voisine d’Ambohipo.

- L’Université :
Fierté de la première République, elle fût créée en 1964.

- Le Fort Duschène :
Camp militaire du nom d’un des trois Généraux du Corps expéditionnaire français : le Général Duschène. Les deux autres sont Metzinger et Voyron.

- Les cressonnières :
Visibles dans les vallées presque partout dans cette partie est de la ville, elles ont l’allure d’un grand village à la Capitale.

- La résidence de Jean LABORDE :

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De retour à la Place d’Andohalo, nous faisons connaissance avec quelques bâtiments intéressants, dont la Maison de Laborde. Lors de sa première construction, de la large véranda pavée en pierre, on dispose d’une vue étonnante sur la plaine nord-ouest du Betsimitatatra. Lors de l’exil de Jean LABORDE, ordonné par la Reine, la maison fut brulée, puis reconstruite à l’identique à son retour vers 1862. Depuis, elle a subi de nombreuses rénovations, dont la dernière, en 1985, a été effectuée par la coopération française qui l’occupe aujourd’hui.

- Maison d’hôtes de Jean Laborde :
Surmontée d’un campanile-belvédère, cette maison de pierre fut construire vers 1870. Jean Laborde, devenu Consul de France, n’était pas moins un intendant protocolaire au service de la reine et recevait les visiteurs officiels étrangers. Le nom de  sa maison d’hôtes fut Maromiditra, qui signifiait « beaucoup de visiteurs ». Le bâtiment se trouve actuellement en face, un peu plus haut, de la Maison Jean Laborde, presque derrière l’enceinte de la cathédrale.

- Le Bureau de Développement d’Antananarivo (BDA) :
Au coin de la rue, à l’opposé de la paroisse internationale francophone, le BOA a de nombreux documents sur l’Héritage architectural de la Haute Ville. A sa création en 1990, il s’appelait Département Municipal de l’Héritage Historique d’Antananarivo. Depuis, plusieurs coopérants français, architectes et urbaines, y ont travaillé.

La Cathédrale catholique est édifiée à l’emplacement d’une première  chapelle de bois et de chaume. Le Père Alphonse TAIX a conçu l’édifice dont la consécration eut lieu en 1890. Un malheureux incident lors de sa construction : un Frère ouvrier du nom de laborde fit une chute mortelle des trente mètres de la tour ouest. Le Pape Jean Paul il y a tenu une messe en 1989 et a annoncé la béatification de Victoire Rasoamanarivo, officialisée en Aout 1993 par le Vatican. Les effigies des deux personnages se trouvent sur la devanture de la cathédrale. Devant la Cathédrale, le tombeau commémoratif du martyre de Victoire RASOAMANARIVO est sous un autel qui sert de lieu de recueillement pour les croyants.

Du parvis de la Cathédrale, un escalier « tohatohabato RAZAFINDRAZAY » de 420 marches, permet de rejoindre Mahamasina cent mètre plus bas. Le passage fut ouvert en 1881 pour faciliter l’accès aux ateliers des Pères (Collèges Saint Michel). Juste en dessous de la Cathédrale, une source coule dans les jardins potagers privés de la paroisse, avant de s’évacuer sur le flanc ouest de la colline.

- L’école Razafindrahety :
Juste en face de la Cathédrale, nous pouvons insérer dans nos commentaires l’école Razafindrahety. Ce collège protestant construit en 1820 par la London Missionary Society porte le nom de Princesse de la Reine RANAVALONA III. Il fut fréquenté par RANAVALONA II et RANAVALONA III. Les bâtiments centraux, en brique, furent réalisés en 1893. L’école est la plus ancienne d’Antananarivo et est aussi connue sous le nom de Ecole des filles d’Ambodin’Andohalo. C’est utilisé actuellement par la Direction nationale des écoles FJKM comme institut de formation et de recherches pédagogiques.

-La rue des Canons :
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La rue qui descend de la place d’Antananarivo en passant par la Cathédrale catholique, surplombe un morceau des remparts naturels de l’ancienne cité. A l’endroit où l’on peut voir tout l’ouest de la capitale, il y avait des « aviavy » (figuiers) centenaires qui dissimulaient dans leur ombre une quarantaine de canons offerts par le Roi d’Angleterre GEORGES III en 1817, à RADAMA I. Au début du siècle suivant, une partie fut transférée au Rova. Le quartier d’Imarivolanitra termine la rue des canons. On trouve dans ce quartier l’ancienne imprimerie qui a édité le premier périodique en malgache. On y voit aussi quelques architectures anciennes.

- Ambatovinaky :
Littéralement traduit : le rocher qu’on a fait éclater. Le temple du culte norvégien d’Ambatovinaky qu’on voit sur la gauche dans la rue en pente raide est une église protestante luthérienne. La première partie du temple fut réalisée en 1875 par la Mission norvégienne. De sa terrasse on jouit d’une superbe vue sur les quartiers de Faravohitra et d’Ambondrona. En continuant, un peu plus bas, remarquent la petite plaque sur la gauche, indiquant l’emplacement théâtre à Antananarivo.

RETOUR A LA VILLE BASSE :
Descendant la ruelle en pente d’Ambatovinaky, nous sommes revenus aux quatre chemins d’Ambatonakanga. Nous allons continuer à descendre en partant du carrefour vers le sud, où nous trouverons successivement le quartier d’Amparibe, puis d’Ambatonakanga ambany avec en contrebas la vallée et le quartier d’Ambohidahy, puis nous sortons par Mahamasina en passant par le Collège Sainte Famille

- Amparibe :
(La où il y a beaucoup de riz). Le quartier doit son nom au silo royal de riz qui existait auparavant à cet endroit ers le milieu du XIXème, le quartier d’Amparibe rassemblait un groupement de « mpanefy » (faiseurs de fers). On pouvait y trouver des orfèvres, des armuriers, et des forgerons. En descendant la rue pavée, sur la gauche se trouve le temple protestant d’Amparibe. A l’origine, en Septembre 1861, le bâtiment fût construit en bambou. Le temple de brique fut édifié de 1863 à 1870, par les paroissiens, et trouve sa forme actuelle, toiture en tuile et revêtement de sol en bois, au début du XXème siècle.

- Collège Saint Michel :
Fondé par les missionnaires jésuites et transféré là en 1990 après avoir été à Ambohipo, c’est un établissement qui a formé une grande partie de l’intelligentsia et des hommes d’Etat Malagasy.

- Stade Municipal de Mahamasina (qui rend sacré) :
C’est Andrianampoinimerina qui commençait à organiser ce terrain marécageux en établissant des rizières sur les abords. Début XIXème siècle : le Roi RADAMA Ier voulait aplanir le mont Ampohijanahary et remblayait avec la terre y provenant une grande étendue au Nord de celui-ci. Le jeune roi a réalisé le premier champ de manœuvres royales. Asséchés en 1833 par RANAVALONA Ière, le grand champ de manœuvre militaire prendra plus tard le nom de Mahamasina lors du couronnement de RADAMA II (1861-1863). Hippodrome sous la colonisation, c’est à cet endroit que TSIRANANA déclara l’indépendance en 1960.

- Le quartier d’Ambohijanahary (vient du nom RAZANAHARY, célèbre vazimba) :
Si nous choisissons de faire le tour du stade, nous mentionnerons la colline d’Ambohjanahary. Le roi RADAMA Ier avait souhaité réduire la colline d’Ambohijanahary à néant, pour permettre le développement de la ville aux pieds du Rova, épreuve de force afin de témoigner de la grandeur inégalée d’Antananarivo. En arrivant sur la dure roche granitique, le peuple s’épuisa et abandonna les travaux. Pour aller à pieds sur les hauteurs d’Ambohijanahary, on peut prendre le petit chemin à droite de la boulangerie « Gerb’or ».

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- Autour du stade :
Nous pouvons commencer par parler du quartier de Befelatanana, par lequel on accède à la colline d’Ambohijanahary.

• L’école de médecine et hôpital de Befelatanana : cette école est le vivier des grands noms du patriotisme malagasy : Ravoahangy, Raseta, Ratsimamamanga… La première école de médecine et le premier hôpital d’Antananarivo ont été fondés au Sud-est du Rova en 1897 à Ankadinandriana. Par la suite, l’école et l’hôpital furent transférés à Mahamasina en 1928. Dans leur domaine se trouve un buste immortalisant le Docteur FONTOYORONT, premier directeur, qui exercera pendant vingt-cinq ans dans ces lieux

• En continuant le tour, nous verrons au carrefour, au sud-est, l’ancienne école Le Myre de  Villiers, devenue Ecole normale ;  au Nord-est l’église saint joseph .dernière la façade brique d’inspiration florentine de l’église se cache un corps centra tout de bois construit l’église Saint joseph, un des plus anciens édifices religieux de la capitale, fut construite entre 1864 et 1869.

- Lac Anosy :
Au début, simple marais alimenté par les eaux de pluie et de l’Ikopa qui serpentait en liberté parmi les zozoro (joncs), il va, peu à peu, être entouré de digues. Une réalisation de la reine RANAVALONA I, c’est la réorganisation des marais pour créer à partir de ce reliquat de marécage un lac artificiel : Anosy. En  1930, James CAMERON modèle  la forme du lac en le cernant d’une digue et aménage l’ilot pour y créer un atelier de forgerons. Le choix de l’endroit se justifiait pour écarter le risque d’incendie que ce corps de métier pouvait faire à la ville où le bois et le chaume abondaient. Plus tard, la presqu’ île servit d’entrepôt de poudre explosive, dangereuse pour la ville construite en bois. En 1854, la Reine RANAVALONA I fit cerner le lac d’un « tamboho », et fit bâtir, par LABORDE, des résidences royales sur la presqu’ île.

Actuellement refuge pour les « Vorompotsy » (héros pique- bœufs), ce lac récupère les eaux usées des quartiers environnants. Remarquons autour du lac les arbres de Jacaranda. Le monument aux morts date de 1927, et commémore la mort au front des soldats malgaches pour la France pendant la Première Guerre Mondiale. La statue de l’ange brandissant une couronne de laurier, ajoutée en 1933, fut réalisée par le sculpteur BARBERIS. Cette statue est connue sous le nom de l’Ange Noir mais elle est actuellement repeinte en couleur argentée.

- Le Quartier des Ministères :
Relativement récent, ce quartier résulte d’une série de remblayages qui remontent à la République, dans les années 60. Nous pouvons énumérer un par un au passage les différents ministères. N’oublions pas la bibliothèque nationale, la station de la Radio Télévision de Madagascar, le Tribunal, l’ex- hôtel Hilton (devenu Carlton)… Pour ce dernier, on peut parler de ses cinq étoiles, 170 chambres, de sa date de construction en 1970, des structures de loisir, etc. Des petits commentaires sur le vif su les ferronniers, les coiffeurs du bord du lac peuvent agrémenter notre prestation.

- Antsahamanitra :
Traduction : le champ parfumé. Le nom viendrait de l’odeur agréable que dégageaient les herbes qui y poussaient. Quelque temps après son arrivée à Antananarivo, Gallieni y fit exécuter Rainandriamampandry, ministre et proche parent de Rainilaiarivony (Premier Ministre), et le Prince Ratimamanga, oncle de la Reine, grand père du Feu Professeur Albert Rakoto Ratsimamanga. On y trouve actuellemtn un amphithéâtre à ciel ouvert et un petit complexe culturel sportif de l’église protestante.
RETOUR A LA VILLE MOYENNE

L’ascension de la rue d’Antsahamanitra signifie le retour à Antaninarenina, de là, on prend la direction d’Isoraka, puis descendre par Tsaralalana pour revenir à l’Avenue de l’indépendance, notre point de départ.

- Isoraka
Peu de sources parlent de l’étymologie du nom de quartier. Il existe une version à propos d’un Roi, fatiguée par la montée, qui voulait souffler un peu, et qui a dit : « Aleo aho isokaka » (Laissez-moi souffler). Isoraka serait la déformation des royautés, ce quartier fut entièrement remanié par les colons. Quartier de la haute bourgeoisie étrangère au début du XXème Siècle, les voies urbaines toutes carrossables, sans petits cheminements traditionnels lui conféraient une organisation européenne, unique à Antananarivo intra- muros. On trouve dans le quartier le musée de civilisation et le musée d’art et d’archéologie qui a une large collection d’objets ethnographiques et archéologies.

- L’église Saint Vincent de Paul d’Ambatonilita
Le nom du quartier vient d’un mendiant, Lita, qui s’asseyait toujours là sur une pierre. La première église, fut réalisée en brique, entre  1897 et 1900. Inscrite dans un quartier pauvre de l’époque, l’église est dédiée à saint Vincent de Paul, patron des démunis. Le nombre de fidèles croissant, elle fut reconstruite plus spacieuse en 1938 par le Père FERRIERE.

- Le tombeau de Rainiharo à Isotry :
En continuant d’Isoraka vers Isotry, on voit sur la gauche l’imposant monument qu’est le tombeau-mausolée de la famille de RAINIHARO, probablement le plus beau et le plus important d’Antananarivo. Construction entre 1846 et 1852 par Jean LABORDE, ce tombeau est très vite devenu un modèle architectural qui a inspiré d’autres réalisations. De caractère étrangement hindou, la construction s’organise dans un carré de 25 mètres de coté, avec un péristyle de 36 arcades, une terrasse et une seconde colonnade, le tout dominé par deux stèles cylindriques. Ce type de stèle, présent dans toutes les constructions labourdines serait la matérialisation de ses souvenirs du pays Tamoul, suite à ses nombreux voyages en Inde.

- Tsaralalana :
En quittant le quartier d’Isoraka, nous entrons dans le quartier d Tsaralalana. A l’époque de la royauté, le quartier, inhabité, était un lieu de passage à la sortie de la ville. Tsaralalana signifierait : où il est bon de passer. D’autres sources disent que dû à sa position de quartier sentinelle, la loi y était très strict, d’où « Tsara » « Lalàna »= la bonne loi.

D’AUTRES COMBINAISONS POSSIBLES
Après Tsaralalana, nous nous retrouvons sur l’Avenue de l’indépendance. Le retour nous a pris deux ou trois heures maximum. Plusieurs extensions ou combinaisons sont possibles.
Continuation sur :

- Ambondrona :
Ambondrona fut une des premières installations des colons, la Ville haute était déjà à forte densité et la partie basse encore à moitié marécageuse faisait partie peur à cause du palu. Actuellement, des maisons de style du début du 20ème siècle côtoient les modernes et donnent une allure un peu particulière à cet antique quartier.

- Faravohitra :
Nous aurons le meilleures vues sur la partie est, puis nord de la ville du côté de Mangarivotra Faravohitra, en bas de l’ancien lycée Jules Ferry.

- Andravoahangy :
Marché du quartier, particulièrement important le mercredi, il regroupe dans une partie tout l’artisanat. On peut ensuite visiter le centre commercial du quartier voisin, le Water Front Shopping Center à Ambodivona. On peut  voir dans la zone des exemplaires d’architecture anglo- malagasy des traditions de la fin du 19ème et du début (et milieu) du 20ème siècle.

- Andrainarivo :
Sur la colline d’Antananarivo, du côté nord de la ville, se trouvent le mausolée des soldats inconnus et le camp militaire « Fort Voyron », et un peu  plus bas, un point de shopping intéressant : la boutique de souvenirs et d’artisanat « Art Gallery Lisy ».De sa hauteur s’offre une vue sur la face nord-est de la colline royale avec, trônant au milieu, le Palais de la Reine.

- Combinaisons possibles :
Le parc botanique et zoologique de Tsimbazaza : C’est un résumé de l’ensemble faunique et floristique de Madagascar. Le jardin botanique est spacieux et bien présenté. Il y a également un excellent musée d’histoire naturelle préhistorique de Madagascar, des us et  coutumes traditionnelle de ses habitants, des squelettes d’espèces d’animaux disparus, y compris plusieurs espèces de lémuriens géants et les célèbres oiseaux éléphants, qui fournissent un aperçu fascinant de la faune de Madagascar avant son extinction.

Le  marché de la digue : c’est le marché artisanal le plus fréquenté des touristes. Plusieurs boutiques alignées le long de la rue présentent toute la panoplie de l’artisanat malagasy, que ce soit les objets en bois ou autres végétaux, métaux, peaux et cornes de zébu, pierres, tissus, coquillages et même boîtes de conserves de récupération…

2.1 – LES MARCHES ARTISANAUX

La demi-journée à disposition du visiteur peut être facilement occupée par l’artisanat.

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Plusieurs points de shopping existent :
• Le marché de la route digue, le plus fréquenté des touristes
• Le village artisanal du CENAM aux 67hectares
• Le marché artisanal d’Andravoahangy.

S’y ajoutent les magasins d’artisanat, très nombreux, certains sont de haut de gamme.
Une mention particulière pour les produits en soie sauvage, uniques au monde.